Dans le cycle Textus l’infini et le bois se rencontrent et se complètent dans une œuvre unique: d’un côté, les trames des branches se regardent dans la spirale et dans les histoires qu’elles contiennent. De l’autre, la spirale regarde le bois et en démêle le conte. La nature et l’infini se conjuguent pour définir l’état de l’homme. Il s’interroge sur l’infini et sur tout ce qui se rapporte à la nature, se compare et se heurte malheureusement quelque fois.

La conjugaison devient discours, conversation: le bois, pur signe graphique avec un indice d’expressionnisme abstrait, dialogue avec la spirale blanche, qui accueille l’ensemble des formes caractéristiques de l’artiste. Un vocabulaire qui s’est développé avec le temps et qui selon Joan Miro a mûrit lentement, en se formant presque malgré lui. Ensemble, le bois et la spirale racontent le rapport de l’homme avec le bois, lieu réel et métaphorique, mais aussi symbole des tortueux parcours de la vie où l’on se perd pour mieux se retrouver.

Ces fragments monochromatiques sont la transposition de l’idée même de Nature. Avec eux l’artiste se sent bois, ainsi que Actéon, qui dans le bois perçoit pour la première fois le sentiment de l’infini et, au moment où il se sent Nature, il disparaît.

 

 

Le cycle des spirales, montées sur un rectangle d’or, représente l’oeil, la visuel de l’artiste qui, en partant de loin, s’approche progressivement, en dévoilant des perspectives différentes du même sujet. La dynamique du plan, qui passe de l’ensemble au détail, nous dit que le temps s’ écoule inexorablement, elle est la narration, l’historique de l’existence des hommes.

Dans ces nouveaux cycles la parole écrite, parlée et peinte s’interconnècte librement, dans un discours informel, qui se rapporte entre autre à Ellsworth Kelly et aux fragments de Tom Wesselmann.

On peut rattacher la forme et la couleur à la parole telles que des cartes récomposables en textes infinis. Une seule couleur serait suffisante au peintre, éventuellement déclinée en plusieurs tons afin de décrire des sensations, des perceptions, des odeurs. Alors le bleu devient le souffle de la mer, la pureté du blanc rappelle la neige, le rouge est passion, ardeur, chaleur.

Les peintures momochromes dialoguent dans l’exposition avec les spirales très colorées, équilibrent entre couleurs primaires,secondaires et tertiaires. Un équilibre qui est une enfilade de notes avec des tons résonnants, qui composent la mélodie de l’existence humaine. La simplicité dialogue en somme avec la complexité. De même pour l’écrivain, la nouvelle et le roman, l’une condensée et l’autre détaillé sont deux faces d’une même médaille expressive.

L’ensemble des oeuvres en exposition dit enfin que la technique de Diatto ne se raconte pas toute seule, avec une pièce: chaque pièce est soit un fragment d’une pensée, un texte en devenir, un conte sans fin.
Chaque pièce porte en soi un fragment d’infini.


Raffaella Gallo, 2013

 

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